2010-02-14 18:29:17 La FIJ dénonce la parodie de justice contre un Webjournaliste en Mauritanie
La Fédération internationale des Journalistes (FIJ) a appris avec consternation la sévère condamnation à deux ans de prison ferme et dénonce la parodie de justice contre Nannevy Ould Dehah, Directeur du site Tagadoumy, le 04 février 2010 à Nouakchott.
«C’est maintenant clair, notre collègue fait l’objet d’un acharnement flagrant des autorités qui veulent passer par lui pour intimider et réduite la presse indépendante au silence » a déclaré Gabriel Baglo, Directeur du Bureau Afrique de la FIJ « Cela est inacceptable, il faut que les énergies soient mobilisées pour le faire libérer».
Suite à une plainte déposée le 22 mai 2009 contre lui après publication d’un article faisant état de la fortune soudaine d’un candidat à l’élection présidentielle et d’une maison que ce dernier aurait achetée dans un des quartiers huppés de la capitale, Hanevy Ould Dehah a été arrêté le 18 juin 2009, sur ordre du parquet de Nouakchott.
Il fut condamné le 19 août pour le délit d’atteinte aux bonnes mœurs à 6 mois de prison assortis d’une amende de 30 000 ouguiyas (soit 83 euros) et 21000 ouguiyas (soit 59 euros) de frais de dossier. Le 24 décembre 2009, il avait fini de purger sa peine, mais les autorités pénitentiaires avaient refusé de le libérer, le plaçant de fait sous le coup d’une détention arbitraire. A la surprise générale, au moment où des bonnes volontés s’activaient pour le faire libérer, le tribunal vient de le condamner contre toute attente à une peine de deux ans après un premier jugement. Ce qui n’est rien d’autre qu’une parodie de justice
Pour rappel, Taqadoumy a été l’un des sites d’informations les plus virulents à l’égard du coup d’état du 06 août 2008 qui a porté l’actuel Président au pouvoir.
Dans le cadre de son plan d’action, le Syndicat des Journalistes Mauritaniens (SJM) a rencontré le Premier Ministre, les ministres de la communication et de la justice, le Représentant des Nations Unies et le procureur pour leur demander d’user de leur influence pour qu’il soit libéré. Selon Saïd Hussein, Président du SJM, « malgré de nombreuses actions de protestation et un sit-in ouvert permanent au siège du syndicat, notre collègue est toujours retenu en prison. Le verdict du tribunal constitue un recul grave dans le traitement des médias ».
La FIJ demande aux autorités mauritaniennes de libérer immédiatement et sans condition M. Dehah et de respecter leur promesse de faire de la liberté de la presse une des priorités du nouveau régime pour que la liberté d’opinion et d’expression puissent enfin devenir une réalité dans ce pays.
2010-02-14 18:26:25 Dr.Moulaye Ould Mohamed Laghdhaf
Premier Ministre de Mauritanie
Excellence,
Par la présente, nous nous adressons à vous pour exprimer nos inquiétudes sur la situation de notre confrère mauritanien Hanafi ould Dehah, Directeur du site électronique Taqadoumy.
Hanafi a été arrêté, jugé et emprisonné pour atteintes aux "bonnes mœurs". Bien que ces « bonnes mœurs » restent à définir, il a été condamné à 6mois de prison. Il a purgé sa peine et devrait donc être libéré le 24 décembre 2009. Pour des raisons jusque là inexpliquées, le juge à décidé de le maintenir en prison. Depuis le 1er Janvier 2010, notre confrère observe une grève de la faim pour protester contre l’arbitraire dont il souffre dans sa chaire.
Le Forum des responsables des Médias de l’Afrique de l’Ouest (FORMAO) qui regroupe qui regroupe les éditeurs du Bénin, du Burkina Faso, du Cap-Vert, de la Côte d’Ivoire, de la Gambie , du Ghana, de la Guinée , de la Guinée-Bissau , du Libéria, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Nigeria, du Sénégal, de la Sierra Leone , du Togo, ne peut rester indifférents devant cette grave atteinte à la liberté et aux droits de la personne.
Manifestement, il y a un usage pervers et inacceptable de la justice.
Aussi, le FORMAO : met en garde les autorités mauritaniennes pour les conséquences qui résulteraient de la détérioration de l’état de santé de Hanafi ould Dehah; invite votre gouvernement à respecter les libertés et les droits fondamentaux en accord avec les pactes internationaux sur le respect des droits de l\'homme ratifiés par la Mauritanie ;
Vous prie d’user de votre diligente obligation républicaine ainsi que celle de votre gouvernement pour vous assurer que Monsieur Hanafi ould Dehah soit immédiatement mis en liberté.
Dans l’attente de votre réponse dans les meilleurs délais.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’assurance de notre haute considération.
Pour le Secrétariat exécutif du Formao, Cheriff M. SY , Coordinateur
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