2010-02-12 17:32:03 Protection matérielle et morale des journalistes: le dispositif de l\'UJAO
Réunis les 8 et 9 avril 2008 à Conakry, à l’initiative de l’Union des Journalistes de l’Afrique de l’Ouest (UJAO) dans le cadre de son Projet de Renforcement des Capacités, les dirigeants des associations professionnelles des 16 pays, les membres du Forum des responsables de medias de l’Afrique de l’Ouest (FORMOA) et les principaux leaders de l’UJAO ont adopté deux projets de textes décisifs. Les participants à l’atelier de Conakry ont en effet adopté un arrêté-modèle visant à mettre en application immédiate des dispositions minimales pour les conditions de travail et de rémunération des journalistes dans les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ils ont également adopté un projet d’Acte Communautaire portant reconnaissance et protection du titre de Journaliste Professionnel en Afrique de l’Ouest.
La rencontre, à laquelle l’UNESCO était représentée, ainsi que la Fédération internationale des journalistes, se voulait le prolongement et l’achèvement des nombreux autres ateliers, dont celui qui avait abouti à l’adoption, en 2004 à Dakar, d’une Convention collective-cadre des journalistes. Les conditions sociales et de travail des professionnels des médias sont un facteur principal et essentiel pour la liberté de la presse, souligne l’UJAO, affirmant qu’il faut lutter pour la liberté de la presse, en même temps que pour des conditions décentes pour les journalistes. Ainsi, l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée à Dakar en 2005, il avait été demandé aux Etats membres de l’UNESCO de créer un environnement propice à l’essor du secteur des médias sur la base de l’indépendance, de la viabilité, du pluralisme et du professionnalisme.
Le projet d’arrêté-modèle adopté offre aux ministres du Travail des pays où il n’existe pas de Convention Collective la possibilité de prendre un arrêté fixant des conditions minimales, avec des salaires fixés selon le niveau de revenus et de chaque pays. De même, pour les critères d’entrée dans la profession, il a été tenu compte de la situation des pays où il n’y a pas d’écoles de journalisme. Les éditeurs de presse ont insisté sur la nécessité d’un environnement favorable aux entreprises de presse, qui permettrait la mise en œuvre effective de la convention collective. Les syndicats et associations de journalistes sont sensibles à cet arguments et les textes adoptés prévoient que les entreprises de presse qui emploient des journalistes professionnels et respectent les conditions minimales bénéficient de dispositions à prendre par les pouvoirs public comme les fonds d’aide à la presse, l’exonération d’impôts et taxes.
Les dispositions essentielles des deux textes adoptés
1) Arrêté règlementant les conditions générales d’emploi et de rémunération des journalistes, en attendant l’adoption d’une convention collective applicable à la profession. Est journaliste professionnel au sens du présent arrêté toute personne diplômée d’une école de journalisme reconnue par l’Etat et la profession ou toute personne titulaire d’un diplôme validant au moins trois années dans l’enseignement supérieur (Bac + 3) avec une formation de deux ans consécutifs dans une rédaction, et dont l’activité principale, régulière et rétribuée consiste en la collecte, le traitement et la diffusion de l’information, et qui en tire le principale de ses revenus. Est journaliste professionnel assimilé tout collaborateur direct de la rédaction qualifié dans la collecte, le traitement et la diffusion de l’information comme les dessinateurs de presse, reporters-photographes, reporters-cameramen, techniciens audiovisuels, sans que cette liste soit exhaustive, à l’exclusion des agents de publicité, du personnel d’appui et de tous ceux qui n’apportent à ce titre qu’une collaboration occasionnelle à la rédaction. Il est tenu compte de la situation des pays où il n’existe pas d’Ecole de Journalisme.
La qualité de journaliste est constatée par la Carte nationale de presse. Le journaliste débutant, titulaire d’un diplôme en journalisme, est recruté avec une période d’essai qui ne pourra excéder trois (3) mois. Il recevra un salaire minimum L’aspirant journaliste sans diplôme de journalisme ne pourra être recruté en tant que journaliste professionnel qu’après une période de formation pratique et théorique de deux ans consécutifs au sein d’une rédaction. Il recevra pendant sa formation une indemnité. Le titre de Journaliste Professionnel est protégé.
Toute entreprise de presse employant au moins cinq professionnels répondant aux critères et dans les conditions ci-dessus bénéficie des dispositions spéciales en faveur des entreprises de presse.
2) Acte portant reconnaissance et protection du titre de journaliste professionnel en Afrique de l’Ouest
Nul ne peut être admis à porter le titre de journaliste professionnel dans les pays de la CEDEAO s’il ne remplit les conditions suivantes :
• A titre de profession principale et moyennant rémunération, participer à la rédaction de journaux quotidiens ou périodiques, d’émissions d’information radiodiffusées ou télévisées, d’actualités filmées ou d’agences de presse consacrées à l’information générale et ce, dans les conditions définies par la Convention Cadre adoptée à Dakar le Novembre 2004 ;
• Avoir fait, de cette activité, sa profession habituelle pendant deux ans au moins, et ne pas l’avoir cessée depuis plus de deux ans ;
Il est institué dans chaque Etat membre une commission de délivrance d’une carte de Presse pouvant seule attester de la qualité de journaliste professionnel. La composition et les modalités de fonctionnement de cette commission seront établies d’accord parties entre les Ministères chargés du Travail et de la Communication d’une part, et les organisations professionnelles représentatives.
La CEDEAO et les Etats membres apportent leur protection et leur appui aux personnes répondant aux critères ci-dessus et aux entreprises qui les emploient.
2010-02-12 11:00:10 L’UJAO remet des diplômes aux journalistes
Le Président de l’Union des Journalistes de l’Afrique de l’Ouest (UJAO), Monsieur Ibrahim Famakan Coulibaly, Président du Comité de Pilotage du Projet de Renforcement des Capacités de l’UJAO (PRC-UJAO) a présidé le samedi 14 novembre 2009 au siège du projet une conférence de presse suivie d’une cérémonie de remise de diplôme aux journalistes qui ont participé à l’atelier régional sur l’enquête journalistique appliquée aux industries extractives et l’atelier sur la syndicalisation des journalistes et autres travailleurs des médias. Ces 2 ateliers tenus à Bamako respectivement du 11 au 14 août 2009 et du 1er au 2 septembre 2009 ont été organisés par le PRC-UJAO en collaboration avec Oxfam America pour le 1er et pour le second par l’Union Nationale des Journalistes du Mali (UNAJOM) en collaboration avec le FAFPA. Dans sa déclaration introductive, le Président Ibrahim Famakan Coulibaly a tout d’abord rappelé aux journalistes, les activités menées par l’Union des journalistes des l’Afrique de l’Ouest à travers son un projet de renforcement des capacités financé par l’ACBF pour une durée de quatre ans.
La présence massive des hommes et femmes de médias à cette cérémonie, a été une occasion pour M. Ibrahim Famakan Coulibaly, président de l’UJAO de faire un aperçu sur ce projet négocié en 2004 par son organisation. Financé par l’ACBF, le PRC-UJAO fournit un appui technique et des conseils aux bénéficiaires ; il réalise également des activités de formation au nom de l’UJAO, effectue des activités de recherche et de suivi et publie régulièrement des alertes sur les zones de tension dans la sous région. Le PRC-UJAO dispose à Bamako d’un local d’accueil pour les journalistes de la sous-région en exil ou en danger. Il organise et attribue le Prix d’Excellence de l’UJAO et édite chaque année deux bulletins. Selon le président de l’UJAO, ce projet qui est dans sa troisième année en 2009, travaille sous la tutelle d’un Comité de Pilotage et en étroite collaboration avec d’autres partenaires contributeurs tels que la CEDEAO, l’UNESCO, Oxfam America, les missions étrangères de la sous-région et les services gouvernementaux. Tous ces partenaires se sont considérablement investis pour participer à la réalisation d\'un environnement propice à l’exercice d’un journalisme de qualité devant contribuer de façon cohérente à la promotion de la liberté d\'expression, au respect des principes des droits de l\'homme et de la démocratie et d\'autres initiatives sous-régionales de développement.
M. Ibrahim Famakan Coulibaly a, par ailleurs souligné que les activités du PRC sont contenues dans un Programme Annuel d’activités approuvées par le Comité de Pilotage et le bailleur de fonds principal, l’ACBF. Ce programme s’inspire largement du contenu d’un document important dit Accord de Don signé entre l’ACBF et l’UJAO. Par ailleurs, en vue du renforcement des capacités institutionnelles des syndicats et associations membres de l’UJAO, le PRC-UJAO a décidé d\'élaborer un Plan Stratégique et de rechercher le financement nécessaire auprès des partenaires afin de poursuivre l’œuvre entamée.
Il comporte six volets que sont : le renforcement des structures et des systèmes institutionnels ; le renforcement des capacités des associations et syndicats membres de l’UJAO ; le renforcement des capacités du PRC-UJAO lui-même ; le suivi et la recherche sur les médias; la formation des professionnels des médias, le Plaidoyer et le Lobbying en vue de l’adoption dans la sous-région des législations favorables à la liberté de presse et au développement des médias.
Au cours de cette rencontre avec la presse, le président de l’UJAO également président de l’Unajom (Union Nationale des Journalistes du Mali) M. Ibrahim Famakan Coulibaly a d’abord remercié le FAFPA à travers sa Directrice Générale, Mme Dembélé Hawa Sow qui ne ménage aucun effort pour appuyer la presse malienne dans ce qu’il ya de plus essentiel : la formation des journalistes. Le FAFPA s’est illustrée ces dernières années dans le renforcement des capacités des médias. Il a ainsi œuvré pour l’harmonisation de la convention collective cadre de l’UJAO et le projet de la convention de la maison de la presse du Mali en un seul document. Selon Ibrahim Famakan Coulibaly, ce document harmonisé a eu l’adhésion du patronat et des associations de journalistes à travers l’UNAJOM, entrainant sa signature le 26 mars avec le gouvernement du Mali.
Ensuite le FAFPA a ensuite poursuivi ses efforts en formant une cinquantaine de journalistes et autres travailleurs de médias sur les notions de base du syndicalisme.
Enfin, le Président de l’UJAO n’a pas manqué de rendre un vibrant hommage au bureau régional de OXFAM America basé à Dakar, qui durant une semaine a formé les journalistes Maliens et de l’espace UJAO sur « l’Enquête Journalistique appliquée aux industries extractives. La cérémonie a pris fin par la remise officielle de diplômes aux participants des deux ateliers.
D’après Mariétou Konaté (L’annonceur) 2010-02-12 10:58:11 Festival international de la liberté d\'expression et de presse 2009
Ouagadougou, capitale de la Presse Africaine
La IIIe édition du Festival international de la liberté d\'expression et de presse (FILEP) s’est tenue du 4 au 7 novembre 2009 à Ouagadougou. La cérémonie officielle d’ouverture de cette manifestation a été présidée par le Président du Parlement Burkinabè, l’Honorable Roch Marc Christian Kaboré. « Windhoek 1991 à Ouagadougou 2009 : bilan et perspectives de la liberté de presse » : c’est le thème de cette édition à laquelle ont pris part 150 hommes et femmes de médias venus de 44 pays d’Afrique. Pour le président du comité d\'organisation, Monsieur Chérif Sy Moumina, il était utile de faire le point du chemin parcouru depuis la conférence tenue en 1991 à Windhoek en Namibie, qui a posé les jalons pour l’éclosion d\'une presse libre et indépendante sur le continent. Mais 18 ans après la déclaration historique de Windhoek, nous constatons avec amertume que 144 journalistes Africains sont morts dans l’exercice de leur métier, certains sont harcelés au quotidien, d\'autres emprisonnés ou ne doivent leur salut qu’à l’exil.
Autre intervention, celle du Président International de l\'Union de la Presse Francophone. L’Ivoirien Alfred Dan-Moussa, un des doyens de la presse ouest africaine, a invité les dirigeants du continent à supprimer les peines privatives de liberté. "Nous ne revendiquons pas le droit d\'être au-dessus des lois, ni aujourd\'hui, ni demain. Nous revendiquons le droit d\'être sanctionnés si nous avons commis un délit de presse. Nous demandons aux gouvernants d\'accorder leur confiance aux professionnels des médias..." a-t-il dit en substance.
Dans son allocution de lancement du festival, le Président de l’Assemblée Nationale Roch Marc Christian Kaboré a lui aussi constaté que les espoirs soulevés à Windhoek et la réalité sont très éloignés. Toutefois, explique-t-il la liberté d\'information est une quête permanente, elle est essentielle pour le droit à la liberté d\'expression et à une participation responsable à l’édification d’une société démocratique. Pour qu\'elle joue efficacement son rôle, la presse doit bénéficier d\'une attention particulière et les journalistes, de meilleures conditions d\'exercice de leur métier. Mais la grande responsabilité dans l\'épanouissement de la presse incombe d\'abord aux entreprises de presse, aux hommes et femmes des médias. Aussi, il a lancé un appel à tous les journalistes venus des 4 coins du continent à se « mettre individuellement et collectivement à la hauteur des exigences de leur profession, afin que le pouvoir qu’ils exercent contribue à consolider la paix, la cohésion sociale et la démocratie, dans le respect des droits des citoyens..."
Rappelons que le FILEP dont la 1ere édition a eu lieu en décembre 2000 est né à l’initiative du Collectif contre l’impunité au lendemain de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo le 13 décembre 1998 à SAPOUY.
PRIX NORBERT ZONGO 2009
Autre temps fort du FILEP 2009, c’est l’attribution du Prix Norbert Zongo. Plusieurs prix ont été décernés aux confrères qui se sont distingués en journalisme d’investigation. C’est le Ghanéen Anas Aremeyaw du journal "The New Crusading guide" qui a remporté le prix presse écrite de l’excellence d’une valeur de 1 million de FCFA. Il avait mené une enquête sur « la mafia chinoise de la prostitution au Ghana ». Il a également eu droit à un trophée et un diplôme. Dans la catégorie radio, le prix également doté de 1 million de FCFA est revenu à Zenabou Tarpilga de la RTB/Radio. Le Nigérian Emmanuel Dady Mayah du journal "Champion" a reçu un prix d’encouragement.
Le jury a formulé des recommandations pertinentes.
Il s’agit entre autres de promouvoir la pratique du journalisme d’investigation, de recherche et d’enquête, sur des sujets politiques, économiques, sociaux et culturels pertinents dans les rédactions africaines.
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