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Samir Kassir, journaliste,  a été victime d’un attentat à la voiture piégée à Beyrouth.

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  Diffamation et cocaïne : Un Ministre d’Etat perd son procès contre “Le Populaire”

 

Le procès opposant le ministre d’Etat, ministre de l’Environnement et de la Protection de la nature, Djibo Leyti Kâ, aux journalistes du quotidien Le Populaire a tourné en faveur des journalistes. Le tribunal a relaxé purement et simplement Yakham Mbaye et Pape Sarr du délit de diffamation suite à un article relatif aux narcotrafiquants arrêtés l’année dernière au Sénégal.

 

Le tribunal correctionnel de Dakar a relaxé purement et simplement, le mardi 8 janvier 2008, les journalistes du quotidien Le Populaire, Yakham Codou Ndéné Mbaye, directeur de publication, et Pape Sarr du délit de diffamation pour lequel ils étaient poursuivis, et débouté le plaignant, le ministre d’Etat Djibo Leyti Kâ, de ses demandes de réparation tout en le condamnant aux dépens. Le verdict est en faveur est en faveur des journalistes du Populaire à qui l’actuel ministre de l’Environnement et de la Protection de la nature reprochait leur article paru dans l’édition du  3 août 2007 et titré en gros caractère à la une : « Couverture des narcotrafiquants arrêtés à Mbour : Ce que Djibo savait... ». En fait, l’article revient sur les péripéties de la saisie d’une importante quantité de cocaïne au Sénégal, l’année dernière, avec comme trame une histoire de blanchiment d’argent.

 

A la page 7 de la livraison ciblée par M. Kâ, on pouvait lire : « projet de crevetticulture à Ndangane Sambou, blanchiment et couverture : les narcotrafiquants avaient-ils des complices dans l’appareil d’Etat ? ». Pape Sarr, l’auteur de l’article, poursuit : « au début du mois de juillet, et en une semaine, la Gendarmerie démantelait un réseau très dense de trafiquants de drogue qui couvraient leurs activités grâce à plusieurs sociétés écrans montées dans le cadre de ce trafic. Parmi ces couvertures, poursuit l’article, un projet en crevetticulture monté à dessein afin de maquiller le trafic dans le village de Ndangane Sambou (Communauté rurale de Fimela, région de Fatick). La Gendarmerie, ajoute l’auteur de l’article, a éventé le coup. Quelques jours plus tard, le ministre de l’Economie maritime, Djibo Leyti Kâ, se faisait limoger de son poste en permutant avec le ministre d’Etat, ministre de l’Environnement et de la Protection de la nature, Souleymane Ndéné Ndiaye. Si son implication réelle dans les opérations montées par les trafiquants reste à être prouvée, il demeure qu’il a donné son accord à l’installation du projet de crevetticulture à Ndangane », lit-on dans le texte.

 

Projet de blanchiment d’argent

Et le journaliste de continuer : « en l’état actuel de nos investigations (qui se poursuivent), on peut bien dire que les soupçons sont bien grands qu’au niveau de l’Etat, en tout cas, l’on a bien fermé les yeux ». Il est fait état dans l’article d’un rapport qualifié de « béquille scientifique » qui aurait permis d’avaliser « un projet sérieux de blanchiment d’argent sale et de trafic de drogue ». Ce sont ces lignes qui ont déplu à Djibo Kâ qui venait de quitter le ministère de l’Economie maritime pour le portefeuille de l’Environnement et de la Protection de la nature qu’il occupe jusqu’à présent. S’estimant diffamé, M. Kâ avait demandé la condamnation de nos confrères à lui payer le franc symbolique pour réparer le préjudice subi et sollicité la suspension du journal Le Populaire pour une durée de trois mois. Ses avocats avaient également demandé la publication de la décision du juge dans plusieurs journaux sénégalais et étrangers. Mais le juge correctionnel est allé dans le sens opposé consistant à relaxer les prévenus.

Au procès du 27 novembre 2007, le directeur de publication, Yakham Mbaye, auteur principal, très prudent dans ses réponses, avait lancé pour expliquer le sens de l’article incriminé : « rien ne démontre que Djibo Kâ est impliqué dans cette affaire de trafic de drogue. Nous n’avons pas dit qu’il savait ce que faisaient ces gens (les narcotrafiquants). La trame de l’article, c’est qu’il y avait une insoutenable légèreté des autorités étatiques ». Il s’est contenté de dire que Le Populaire avait mis en exergue des « manquements » avérés du projet contenu dans un rapport de 2004 et qui « n’a pas produit trois crevettes, mais une tonne de cocaïne ». D’ailleurs, avait-il ajouté, un autre rapport daté de 2007 avait contredit celui de 2004. Interpellé sur les mentions du nom de Djibo Kâ dans l’article, M. Mbaye avait estimé que son journal ne pouvait pas évoquer ces « manquements » tout en ignorant l’autorité publique de tutelle. Reprochant aux prévenus l’usage fait de la photo du plaignant pour illustrer leur journal, la défense avait dénoncé une « confusion semée sciemment » dans le seul but de créer le doute et l’insinuation. Tout en invitant au « soupçon » grâce à la confusion entretenue autour de deux projets différents, celui de Ndangane Sambou (région de Fatick) autorisé par Djibo Kâ, et celui de Ndayane (région de Thiès) qui présentait des failles et sur le site duquel ont été arrêtés les narcotrafiquants.

Volant au secours des prévenus, les avocats de la défense avaient déclaré que les journalistes ne cherchaient pas à créer un lien entre les activités des narcotrafiquants et ce que Djibo Kâ savait. Plaidant la sincérité des journalistes, la défense avait sollicité la relaxe pure et simple et à titre subsidiaire une application bienveillante de la loi pénale là où le parquet s’était limité à requérir l’application de la loi. Celle-ci est tombée hier en faveur du Populaire.

Source : Le Soleil

     

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