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Niger

L’UJAO surprise et indignée par la poursuite de la détention de Moussa Kaka

 

Bamako, 14 février  2008 -  L’Union des Journalistes de l’Afrique de l’Ouest (UJAO) a appris  avec une surprise et une  indignation extrêmes  que Moussa Kaka, correspondant à Niamey de RFI et directeur de la radio "Saraounia", doit rester en prison.

 

La Cour d'appel de Niamey a en effet annulé mardi 12 février 2008 l'ordonnance du 16 novembre 2007 du Juge d’Instruction déclarant les écoutes téléphoniques « illégales », alors qu’il s’agit du seul élément à charge contre le journaliste Moussa Kaka incarcéré depuis le 20 septembre 2007 pour «complicité d'atteinte à l'autorité de l'Etat ». Suite

  

Page noire

Moussa Kaka, Journaliste Nigérien emprisonné au Niger
   
   
   

Samir Kassir, journaliste,  a été victime d’un attentat à la voiture piégée à Beyrouth.

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  Mousa Kaka: l’illustration malheureuse des textes liberticides  

 

Des actions pour protester et demander la libération du journaliste nigérien Moussa Kaka devraient avoir lieu dans les 16 pays de l’Afrique de l’Ouest le 3 mai prochain, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de presse, en vertu d’une décision des journalistes ouest-africains réunis à Conakry les 8 et 9 avril, dans le cadre d’un atelier pour la mise en œuvre d’une Convention collective régissant les conditions de travail et de rémunération des journalistes de cette région du continent.

Réunis à l’initiative de l’Union des journalistes de l’Afrique de l’Ouest (UJAO) dans le cadre de son Projet de Renforcement des Capacités pour adopter une convention garantissant un minimum de conditions de travail et de rémunération, les dirigeants des associations professionnelles des 16 pays, les membres du Forum des responsables de medias de l’Afrique de l’Ouest (FORMOA) et les principaux leaders de l’UJAO ont exigé la libération sans conditions de Moussa Kaka.

Ils ont invité les autorités nigériennes ‘’au strict respect de la Constitution, des protocoles et chartes internationales qui garantissent les droits humains et la liberté d’expression’’.

Pour les participants, ‘’la sécurité nationale ne doit pas être invoquée de façon injustifiée pour limiter le droit à la liberté d’expression et d’information’’.

A cet égard, les journalistes ouest-africains ont souligné ‘’le professionnalisme’’ de Moussa Kaka et son courage pour assurer le droit du public à une information exacte et indépendante.

Ils ont évoqué ‘’les affres de la prison’’ subis par le journaliste depuis 7 mois pour saluer ‘’le courage et l’endurance’’ du correspondant de RFI et directeur de la radio Saraounia.

Les participants ont invité les chefs d’Etat de l’Afrique de l’Ouest et les organisations internationales (Union africaine, CEDEAO, OIF, UNESCO) à intervenir auprès des autorités du Niger en vue de la libération du journaliste conformément aux principes de la Déclaration des droits de l’homme et à la Déclaration adoptée à Dakar en mai 2005 sous l’égide de l’UNESCO.

Ces principes demandant aux Etats membres de ‘’prendre des mesures pour mettre un terme aux meurtres, agressions, harcèlements, arrestations et emprisonnements dont sont victimes les journalistes’’.

Les participants, ont par ailleurs exprimé ‘’leur vive préoccupation par rapport à l’état de détérioration de la liberté de la presse et des conditions d’exercice du métier de journaliste dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest’’, notamment en Gambie et en Guinée Bissau.

 En février dernier, l’UJAO avait exprimé  sa surprise et son indignation lorsque la Cour d’Appel de Niamey a décidé que le correspondant à Niamey de RFI et directeur de la radio "Saraounia", doit rester en prison, en annullant l'ordonnance du 16 novembre 2007 du Juge d’Instruction déclarant les écoutes téléphoniques « illégales », alors qu’il s’agit du seul élément à charge contre le journaliste incarcéré depuis le 20 septembre 2007 pour «complicité d'atteinte à l'autorité de l'Etat», tout en refusant la liberté provisoire à M. Kaka.

Le Président de l’Union des Journalistes de l’Afrique de l’Ouest, Ibrahim Famakan Coulibaly s’était rendu à Niamey en décembre 2007 et en janvier 2008 et avait rencontré M. Kaka et les autorités nigériennes. Il avait le ferme espoir que son confrère serait libéré par la Cour d’Appel.

Cette affaire, et d’autres qui ont eu lieu récemment dans d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest, est une illustration parfaite de la nature des textes liberticides dont  l’UJAO a toujours demandé la réforme, parce que permettant, sur la base d’incriminations floues et fourre-tout, de mettre en prison les journalistes pour n’importe quel motif.

Avec ces textes en vigueur dans presque tous les pays de la sous-région,  par la simple volonté des Procureurs, qui dépendent directement des Gouvernements, tout journaliste peut-être mis en prison, à tout moment, même contre l’avis des Juges qui instruisent à charge et à décharge. Les journalistes sortiront de prison quelques jours, quelques semaines ou quelques mois après, et le temps de leur détention passera par pertes et profits. Ce fut le cas avec le journaliste Madiambal Diagne qui, à l’initiative du SYNPICS et de l’UJAO, avait mobilisé les journalistes du monde entier en 2004. En 2007, le Tribunal a annulé la procédure, montrant ainsi que c’est à tort qu’on l’avait mis en prison!

 L’UJAO a de tout temps condamé  avec vigueur ces textes liberticides , qui visent à mettre au pas la presse dans son ensemble et elle demande constamment une réforme globale des textes.

     

Liberté de Presse au Sénégal   2007

   

       

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