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Mousa Kaka: l’illustration malheureuse des textes
liberticides
Des actions
pour protester et demander la libération du journaliste nigérien
Moussa Kaka devraient avoir lieu dans les 16 pays de l’Afrique
de l’Ouest le 3 mai prochain, à l’occasion de la Journée
mondiale de la liberté de presse, en vertu d’une décision des
journalistes ouest-africains réunis à Conakry les 8 et 9 avril,
dans le cadre d’un atelier pour la mise en œuvre d’une
Convention collective régissant les conditions de travail et de
rémunération des journalistes de cette région du continent.
Réunis à
l’initiative de l’Union des journalistes de l’Afrique de l’Ouest
(UJAO) dans le cadre de son Projet de Renforcement des Capacités
pour adopter une convention garantissant un minimum de
conditions de travail et de rémunération, les dirigeants des
associations professionnelles des 16 pays, les membres du Forum
des responsables de medias de l’Afrique de l’Ouest (FORMOA) et
les principaux leaders de l’UJAO ont exigé la libération sans
conditions de Moussa Kaka.
Ils ont invité
les autorités nigériennes ‘’au strict respect de la
Constitution, des protocoles et chartes internationales qui
garantissent les droits humains et la liberté d’expression’’.
Pour les
participants, ‘’la sécurité nationale ne doit pas être invoquée
de façon injustifiée pour limiter le droit à la liberté
d’expression et d’information’’.
A cet égard,
les journalistes ouest-africains ont souligné ‘’le
professionnalisme’’ de Moussa Kaka et son courage pour assurer
le droit du public à une information exacte et indépendante.
Ils ont évoqué
‘’les affres de la prison’’ subis par le journaliste depuis 7
mois pour saluer ‘’le courage et l’endurance’’ du correspondant
de RFI et directeur de la radio Saraounia.
Les
participants ont invité les chefs d’Etat de l’Afrique de l’Ouest
et les organisations internationales (Union africaine, CEDEAO,
OIF, UNESCO) à intervenir auprès des autorités du Niger en vue
de la libération du journaliste conformément aux principes de la
Déclaration des droits de l’homme et à la Déclaration adoptée à
Dakar en mai 2005 sous l’égide de l’UNESCO.
Ces principes
demandant aux Etats membres de ‘’prendre des mesures pour mettre
un terme aux meurtres, agressions, harcèlements, arrestations et
emprisonnements dont sont victimes les journalistes’’.
Les
participants, ont par ailleurs exprimé ‘’leur vive préoccupation
par rapport à l’état de détérioration de la liberté de la presse
et des conditions d’exercice du métier de journaliste dans
certains pays de l’Afrique de l’Ouest’’, notamment en Gambie et
en Guinée Bissau.
En
février dernier, l’UJAO avait exprimé sa surprise et son
indignation lorsque la Cour d’Appel de Niamey a décidé que le
correspondant à Niamey de RFI et directeur de la radio
"Saraounia", doit rester en prison, en annullant l'ordonnance du
16 novembre 2007 du Juge d’Instruction déclarant les écoutes
téléphoniques « illégales », alors qu’il s’agit du seul élément
à charge contre le journaliste incarcéré depuis le 20 septembre
2007 pour «complicité d'atteinte à l'autorité de l'Etat», tout
en refusant la liberté provisoire à M. Kaka.
Le
Président de l’Union des Journalistes de l’Afrique de l’Ouest,
Ibrahim Famakan Coulibaly s’était rendu à Niamey en décembre
2007 et en janvier 2008 et avait rencontré M. Kaka et les
autorités nigériennes. Il avait le ferme espoir que son confrère
serait libéré par la Cour d’Appel.
Cette affaire, et d’autres qui ont eu lieu récemment dans
d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest, est une illustration
parfaite de la nature des textes liberticides dont l’UJAO a
toujours demandé la réforme, parce que permettant, sur la base
d’incriminations floues et fourre-tout, de mettre en prison les
journalistes pour n’importe quel motif.
Avec
ces textes en vigueur dans presque tous les pays de la
sous-région, par la simple volonté des Procureurs, qui
dépendent directement des Gouvernements, tout journaliste
peut-être mis en prison, à tout moment, même contre l’avis des
Juges qui instruisent à charge et à décharge. Les journalistes
sortiront de prison quelques jours, quelques semaines ou
quelques mois après, et le temps de leur détention passera par
pertes et profits. Ce fut le cas avec le journaliste Madiambal
Diagne qui, à l’initiative du SYNPICS et de l’UJAO, avait
mobilisé les journalistes du monde entier en 2004. En 2007, le
Tribunal a annulé la procédure, montrant ainsi que c’est à tort
qu’on l’avait mis en prison!
L’UJAO a de tout temps condamé avec vigueur ces textes
liberticides , qui visent à mettre au pas la presse dans son
ensemble et elle demande constamment une réforme globale des
textes. |