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Samir Kassir, journaliste,  a été victime d’un attentat à la voiture piégée à Beyrouth.

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  SEMINAIRE INTERNATIONAL SUR LA DEPENALISATION DES DELITS DE PRESSE    OUAGADOUGOU   27 -  29 FEVRIER 2008

 

 

Introduction - Contexte

 

La liberté de la presse, en tant que composante de la liberté d'expression, est un des droits fondamentaux de l'homme. Ce droit est facteur de progrès et gage du contrôle et de la participation de la collectivité à la gestion de la chose publique. Cette liberté ne fait pas, certes, le bonheur de tous. La presse qui critique, qui met son nez partout et qui dit tout haut ce que tout le monde pense, souvent, tout bas empêche de dormir. Les machines de répression se mettent en marche: arrestation et condamnations de journalistes à des fortes peines de prison. D'où, par instinct de survie, l'autocensure s'installe et devient aussi destructrice de la liberté d'expression que la censure.

 

La dépénalisation des délits de presse, est une tendance récente dans la conception du droit pénal à travers le monde. Elle a fait l’objet de recommandations et résolutions de la part des organisations professionnelles des médias lors de nombreuses rencontres.  Il s'agit de supprimer purement et simplement de la législation pénale des pays concernés, les peines d’emprisonnement pour délits de presse, autre que les incitations à la haine ethnique, religieuse ou raciale, à la violence et au meurtre.

 

En effet, depuis une douzaine d'années, la Commission des droits de l'homme de l'ONU considère à juste titre que les peines d'emprisonnement pour délits de presse tels que diffamation ou imputations dommageables, offense ou outrages aux autorités, faux bruits ou fausse nouvelles, constituent des mesures d'intimidations à l'endroit des journalistes et visent plus à les faire taire qu'à les corriger. En outre, ces sanctions sont généralement disproportionnées par rapport aux préjudices prétendument causés.

 

La dépénalisation des délits de presse n'est pas une invention nouvelle. Elle a été adoptée dans la quasi-totalité des pays dit de vielle démocratie en Europe et en Amérique. Même si certains pays développés comme l'Allemagne conservent encore, sur le papier, les peines de prison pour des délits de presse, dans la pratique, plus aucun journaliste n'est condamné à des peines de privation de liberté pour avoir fait son travail. L'abondante jurisprudence en matière de liberté d'expression empêche les juges d'en arriver là.

A titre d'illustration, le 25 avril 2001, le tribunal correctionnel de Paris avait débouté les présidents Denis Sassou Nguesso du Congo Brazzaville, Idriss Deby du Tchad et Omar Bongo du Gabon de leur procès pour « Outrage envers un chef d'Etat étranger » intenté contre François-Xavier Verschave et Laurent Beccariat, auteur et éditeur du livre « NOIR SILENCE ». Il en a été de même dans l'affaire opposant le directeur du journal Le Monde M. Jean-Marie Colombani au feu le roi du Maroc, Hassan Il.

 

En Afrique subsaharienne, certains pays ont supprimé de leurs arsenaux juridiques les peines de prison ferme pour des délits de presse tels que la diffamation, les fausses nouvelles, les imputations dommageables, les offenses ou outrages aux autorités, etc. Le  Congo/Brazzaville a promulgué en 2003, ce que l'on appelle la « loi IBOVI », du nom de l'ancien ministre de ta communication, qui dépénalise les délits de presse. En Ouganda, la cour suprême a déclaré « inconstitutionnelle », l'infraction de propagation de fausses nouvelles.

 

En Afrique de l’ouest, seuls le Togo et le Ghana ont dépénalisé les délits de presse.  La dépénalisation des délits de presse est donc un sujet assez récurrent au niveau des journalistes car ce sont les seuls qui de par leur fonction peuvent se retrouver en prison pour de simples erreurs ou omissions. Les journalistes se trouvent lésés par rapport aux autres corps de métiers. La dépénalisation serait alors une sorte de justice. Mais d’un autre côté, la dépénalisation des délits de presse pourrait être une porte ouverte à l’impunité quand on sait la capacité de nuisance des médias.

 

Cette question mérite donc d’être approfondi et discuter à un niveau régional afin de faire un plaidoyer puissant à l’échelle régional pour donner plus de chances d’aboutissement à ce projet si cher aux journalistes.

 

Aussi, le CNP-NZ, qui depuis quelques années fait partie des structures professionnelles de médias les plus crédibles du continent a décidé de s’y engager résolument en inscrivant cette activité dans son plan d’action 2005-2010. Le CNP-NZ espère ainsi apporter sa contribution à l’élaboration d’une stratégie régionale pour la dépénalisation des délits de presse

 

 

II – CONTENU Du seminaire

 

– communications de personnes-ressources sur la problématique de la dépénalisation des délits

– panels –débats sur le thème

– groupes de travail pour la réflexion sur les stratégies de plaidoyer et l’élaboration d’un document de plaidoyer

 

III – OBJECTIFS du seminaire

 

– Objectif global :

- renforcer la compréhension sur la dépénalisation des délits de presse en Afrique de l’Ouest et élaborer un document commun de plaidoyer

– Objectifs spécifiques :

            - harmoniser les points de vue sur la dépénalisation des délits de presse

            - mettre en place une stratégie de plaidoyer au niveau régional

            - disposer d’un document de plaidoyer engageant les médias au niveau régional

 

 

 

 

  IV - DESCRIPTION DES THEMES QUI SERONT ABORDES

 

 1- Dépénalisation des délits de presse face à la responsabilité sociale du journaliste

 

La dépénalisation des délits de presse, conçue et promue pour donner un contenu plus objectif à la liberté de presse, ne consacre ni l'irresponsabilité, ni la déresponsabilisation, encore moins l'impunité. Au contraire, elle confère au journaliste une responsabilité accrue.

L'analyse de la responsabilité du journaliste, dans le contexte de la dépénalisation des délits de presse, peut être abordée en trois questions, à savoir:

* Qu'adviendra-t-il de la responsabilité pénale du journaliste?

* Peut-on étendre sa responsabilité civile aux actes délictueux?

* Quel sera le rôle de la corporation?

 

COmmunicateurs potentiels :

1 - Khady Cissé – SIMPICS (Sénégal )

2 – Luc Adolphe Tiao ( Burkina Faso )

 

 2- Dépénaliser les délits de presse en Afrique de l’Ouest : Pourquoi et comment ?

 

Après avoir abordé l'importante question de la responsabilité du journaliste et de la corporation dans le contexte de la dépénalisation des délits de presse, il s’agirait pour ce thème de se poser les questions suivantes:

* Par quels mécanismes envisager cette dépénalisation ?

* Quelle garantie offre-t-elle à la communauté nationale et regionale?

 

Parler des mécanismes de dépénalisation implique la révision d'un certain nombre de dispositions légales en vue de leur adaptation à la nouvelle donne. Seule une loi peut valablement abroger une autre, comme il est difficile et fastidieux d'envisager la réforme d'une législation complexe, par rapport à une catégorie socio-professionnelle, il serait plus simple que le législateur édicte une loi supprimant purement et simplement les peines d'emprisonnement pour délits de presse.

 

S'agissant des garanties à offrir à la communauté nationale, reconnaissons que l'exercice d'une législation ne suffit pas pour créer les conditions optimales d'exercice et de jouissance des droits. La première garantie devra découler du statut du journaliste.

* Quelle garantie de responsabilité envisager tant que le journaliste, suite à son indigence, est sujet de manipulation et de mercenariat ?

* Quelle responsabilité examiner dans l'instabilité professionnelle et sociale entraînant un ballottage de conscience?

 

Ce sont là autant de questions qui seront abordées dans le cadre de ce thème.

 

COmmunicateurs potentiels :

1 - Maître Coulibaly (Niger)

2- Maître Mamadou SOW (Guinée)

3 – Guy Hervé Kam ( Burkina faso)

 

 3- Pour ou contre la dépénalisation des délits de presse ?

 

* Arguments pour la dépénalisation des délits de presse

Dans l’argumentation en faveur de la dépénalisation des délits de presse, il convient de relever d'abord que la presse ne peut exercer véritablement ses missions sociales tant qu'est suspendue l'épée de Damoclès sur la tête de chaque journaliste et de chaque directeur de publication, d'être condamné à une peine privative de liberté pour" toute infraction commise par voie de son organe de presse » comme c'est actuellement le cas dans la plupart des législations en Afrique de l’Ouest. Dans le contexte actuel d'évolution de la société africaine, une presse assumant le rôle de chien de garde en vue de dénoncer les abus et déviations des détenteurs du pouvoir est utile. Maintenir la législation liberticide actuelle prêterait d'une part à l'arbitraire des juges soumis aux injonctions permanentes des pouvoirs politiques et, d'autre part à une autocensure excessive des journalistes, par crainte des sanctions et représailles des forces politiques.

 

Y a-t-il commune mesure entre les peines de prison et les délits d'opinion, comme si les journalistes étaient des personnes dangereuses au même titre que les délinquants et bandits à mains armées? Dans une société où les frontières sont des plus en plus abolies et où les injures, les secrets d'Etat, les fausses nouvelles, les documents confidentiels... peuvent être divulgués, sans sanctions pénales particulières, par la presse étrangère, sur Internet ou par voies de communication satellitaires, y a-t-il encore lieu de ne punir que les infractions de presse commises entre les frontières nationales?

En somme, il est futile de maintenir des législations si rétrogrades, qui tuent ou étouffent et la liberté et la vérité.

 

* Arguments contre la dépénalisation des délits de presse

Dépénaliser c'est ouvrir la voie à la permissivité au sein de la société. Aucun groupe social ne peut vivre sans interdit, sans la menace de peine ou châtiment pour les déviations à la norme tacite ou explicite admise. La morale naturelle, la morale sociale, la morale chrétienne nous rappellent constamment que tout ne doit pas être autorisé. Même au nom de la liberté, il faut contenir les instincts humains dans les limites socialement acceptables.

 

Les juristes distinguent et hiérarchisent les infractions en divers types. Ils distinguent aussi les infractions intentionnelles des infractions non intentionnelles. Il y a infraction intentionnelle en cas d'intention délictueuse de leur auteur, établie moralement et matériellement alors que les délits d'imprudence, les contraventions et les infractions fiscales sont considérés comme non intentionnels.

 

Est-il moralement défendable de mettre les deux types sur le même pied d'égalité au risque de discréditer et énerver les règles de droit, de justice et d'équité?

Comment expliquer le « privilège de juridiction » qu'on accorderait aux journalistes, en dépénalisant seulement les délits de presse comme si les journalistes étaient une bande à part, une classe de privilégiés pour en faire sinon positivement des « hors-loi légaux » mais des criminels à col blanc? Pourquoi instaurer une telle discrimination en faveur des seuls journalistes et ne pas l'appliquer à l'ensemble des citoyens?

 

COmmunicateurs potentiels :

1 -  Maitre Prosper Farama ( Burkina faso )

2 – Abdoul Karim Sango ( Burkina faso )

 

 4- Apport de la dépénalisation dans le processus démocratique en Afrique de l’Ouest

 

Dans une société appelée à se construire comme Etat démocratique, Etat de droit, il faut réaffirmer, plus fort que jamais, non seulement le droit à la liberté de la presse qui ouvre la voie à la liberté d'expression et d'opinion, mais aussi le droit de critiquer les décisions des pouvoirs établis pour ouvrir la voie à la contradiction et au débat pluriel.

 

En ce sens, les arrestations, même à titre préventif, les peines d'emprisonnement prononcées contre les auteurs des délits de presse sont, bien que légales, des sanctions « liberticides » qui restreignent par ricochet le droit fondamental à l'information et à l'expression libre des opinions et pensées et donc à l’instauration de la démocratie.

 

A contrario, dépénaliser les délits de presse serait une garantie de plus accordée à la protection du droit de public à une information libre, véridique et plurielle, seule capable de former un jugement responsable auprès des citoyens et donc de renforcer l’Etat démocratique.

 

COmmunicateurs potentiels :

1 – Edouard Ouedraogo ( bf)

2 -  Germain Nama (bf)

 

V– RESULTATS ATTENDUS

 

– Un état des lieux de  la situation des délits de presse en Afrique de L’Ouest est mieux connu

– Les points de vue sur la dépénalisation des délits de presse et la réflexion sur les stratégies de plaidoyer sont harmonisés

     un  document de plaidoyer est élaboré un  document

    le plaidoyer se fait au niveau régional

 

Contacts

CNP-NZ  O4 BP 8524 0uagadougou 04 / Secteur 08 – Gounghin Petit Paris, Rue : 8-29, Immeuble N° 203, Porte N° 058

Tél: (226) 50 34 37 45 - (226) 50 34 41 89

Fax: (226) 50 34 37 45

E.mail : cnpress@cnpress-zongo.org

Site Web : www.cnpress-zongo.org  / www.mediaburkina.org

     

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